Après plusieurs mois de préparation plus ou moins intensive, le grand jour est arrivé… La tension commence à monter !
vers 20h00 : Nat et Kushal passent me prendre. En route vers St Philippe pour le départ.
Arrivée à Saint Philippe vers 22h00. Préparation des sacs, séance photo avec Nat puis entrée dans le stade après vérification des sacs. On s’assoit tranquillement près du départ. Gateau au chocolat pour tout le monde vers 22h30 puis on essaie de se reposer un maximum avant le départ. La pression monte et rapidement on est obligé de se lever pour se préparer au départ. Je sent la pression qui monte autour de moi, tout le monde semble tendu et pressé d’en découdre. Vers 23h30 je quitte nell, kushal et son ami pour me rapprocher un peu du départ et éviter ainsi les bouchons lors de l’entrée dans le sentier. Je leur souhaite une bonne course et espère de tout cœur qu’ils arriveront à rejoindre la redoute.
Je me rapproche donc encore un peu de la ligne de départ et me retrouve maintenant tout seul. Je me met dans ma bulle, pense à mes premières heures de courses qu’il va falloir bien gérer pour arriver au bout de l’aventure.
Le départ approche, les « stars » sont appelées pour se positionner sur la ligne de départ puis après un court discourt de Chicaud (président de l’organisation du grand raid) le compte à rebours est lancé !
5...4...3...2...1... Partez ! Et c’est parti pour 147 km et 9000 m de dénivelé positif en direction du stade de la redoute à Saint Denis. Le départ se passe plutôt bien. Quelques petites bousculades mais finalement peu de choses par rapport à ce qu’on m’a dit du départ de l’année dernière. On passe dans les rues de Saint Philippe où beaucoup de monde est la pour nous encourager et le rythme est soutenu sur les premiers km. J’arrive assez rapidement (15 mn) au départ de la route forestière qui nous amènera jusqu’au gîte de Basse Vallée à l’altitude de 650 m. Un petit pipi pour monter léger et c’est reparti ! J’essaie de conserver une allure de footing tranquille sur cette portion pour éviter les fameux bouchons au début du sentier après le gîte.
Arrivée au gîte de basse vallée après 1h45 de course : PK15,9, alt 650m (D+cumulé : 650m). La montée s’est faite sur un bon rythme en trottinant. Sur les portions un peu trop raides, j’en profitai pour marcher et récupérer un peu.
Avant de repartir, je m’accorde quand même 5min pour bien m’étirer, changer mon tee-shirt déjà tout mouillé et bien m’alimenter pour éviter la fringale dans la montée vers le volcan.
La montée se fait au train. Par moment quelques ralentissements mais rien de bien gênant. J’en profite d’ailleurs pour m’étirer un peu, bien m’alimenter et m’hydrater. Je suis dans ma bulle, je ne la quitterai finalement qu’une fois arrivée, après une bonne nuit de sommeil... Un long monologue avec moi-même s’installe, entrecoupé par quelques discussions avec les autres fous et la lecture des messages d’encouragements.
Arrivée à la crête du volcan (Foc Foc) après environ 4h45 de course et 2h45 de montée.
Le ravito est un peu plus loin donc je ne m’arrête pas en prend un rythme de rando/course qui consiste à courir dès que le chemin est plat ou en descente et à marcher en récupérant dès que ça remonte un peu trop. J’arrive aux alentours de 5h au ravitaillement de Foc Foc. Il fait encore nuit et la température est fraîche. Je me ravitaille rapidement avec un peu de soupe, de l’eau et du coca, fait quelques étirements rapides et repart rapidement vers la route du volcan où steph doit m’attendre. Je me sens encore très bien mais je suis un peu en avance sur mes temps de passage prévus. J’essaie donc de gérer mon allure pour ne pas me griller dès le départ parce que la course est encore longue. Sur cette portion j’en profite pour contempler un magnifique lever de soleil au milieu de ce paysage lunaire magnifique ! Je suis vraiment super content d’être la, et en forme.
J’arrive à la route du volcan vers 5h43 min, 390ème (PK30, alt. 2320m, D+ environ 2400m).
Mon meilleur classement durant la course. Je suis tout juste dans le même temps qu’une des star de ce Grand Raid et du tour de France il y quelques temps : Laurent JALABERT pointe au volcan juste derrière moi ! Jusqu’à Cilaos j’aurais d’ailleurs le plaisir de croiser régulièrement la route de ce grand champion. Son humilité de faire cette course au milieu de la masse m’aura d’ailleurs beaucoup plu ! Félicitation à lui.
C’est tout de même plus rapide que ce que je pensais faire (environ 6h) mais je me sens vraiment très bien. Steph devait d’ailleurs m’attendre à ce ravitaillement mais je lui avais dit que j’y serais entre 6 et 7 heures. Du coup elle dort encore et je la réveille en l’appelant (la pauvre a à peine dormi 2h à cause de travaux dans la montée au volcan). Du coup je lui donne rdv au ravitaillement suivant de Piton Textor. J’en profite quand même pour me ravitailler rapidement, une soupe, du coca, des raisins secs, quelques étirements et je repars après 5 à 10 minutes vers Piton Textor en me disant que je m’arrêterai plus longtemps la bas.
La remontée vers la chapelle Rosemont se fait très bien. Je rattrape quelques personnes et je n’ai toujours aucun soucis musculaire (heureusement parce que la course est encore longue malgré les 35 km parcouru...). La redescente vers Piton Textor est assez technique mais je la négocie bien en prenant le rythme d’un gars rattrapé dans la montée. On double encore pas mal de monde et j’arrive à Piton Textor vers 7h00. Steph m’y attend avec un tee shirt propre, de la compote et beaucoup d’encouragement...
Son enthousiasme me gonfle à bloc pour continuer. On en profite pour discuter un peu, je lui donne mes impressions (par ailleurs très bonne même si je reste très prudent) et prend des nouvelles de nelly qui est proche du volcan ! C’est une très bonne nouvelle, il faut qu’elle continue à ce rythme sans trop se griller non plus. Je lui dit d’aller l’encourager et de bien s’occuper d’elle et repart vers Mare à Boue après un bon ¼ d’heure de pose et après avoir fait le plein d’eau et de coca. La première partie de la descente, au milieu des prairies est plutôt cool mais dès qu’on arrive sur la route, j’ai un bon coup de barre. Je n’ai pas du m’alimenter suffisamment pendant la descente... Déjà quand j’avais repéré cette portion avec Yves, la portion de route m’avait semblée interminable. C’est mon premier moment difficile de ce raid, mais je m’étais bien préparer à cela car sur une distance aussi longue, les coup d mins bien sont inévitable, l’important étant de bien les gérer. J’essaie quand même de relancer de temps en temps en trottinant mais décidément le goudron, c’est pas pour moi. Je finirai cette portion avec un spectateur à la retraite qui en était à plus de 5 GR avec un temps record en 26h il y a une dizaine d’année...
Arrivée à Mare Boue vers 8h47, 518ème (PK.50, alt. 1594m, D+ environ 2700m).
Je fais une bonne pose en mangeant un peu de solide (des pâtes), encore et toujours de la soupe et du coca. Une longue séance d’étirement (10mn) me permettra de retrouver mes jambes dans la longue montée vers le kervéguen.
Après un début quelque peu pénible, cette montée se passe très bien, j’ai vraiment retrouvé toutes mes jambes et je double pas mal de personne. L’arrivée au gîte du Piton fait quand même du bien après une montée qui n’en finit pas. Et puis on se rapproche de Cilaos, qui représente la fin de la prémière partie du Grand Raid. Pour beaucoup la course commence vraiment à partir de Cilaos... Ce sera également ma première grosse pose avec massage, pâtes,...
Arrivée au gite du Piton : 12h21, 497ème (PK62, alt.2484, D+ environ 3900m).
Je croise à nouveau Jalabert au ravitaillement du gîte du Piton qui n’a pas l’air au mieux. Il semble attendre Cilaos avec envie pour pouvoir se reposer un peu... Il repart tout de même avant moi qui une fois de plus ai pris mon temps pour bien m’alimenter (toujours la même chose : soupe et coca. Tant que je ne m’en lasse pas, j’en profite et puis un peu de salée m’attend à Cilaos) et m’étirer un peu.
J’attaque la descente en trottinant tranquillement (je me souviens encore de la fringale pendant le tour du piton des neiges pour avoir descendu trop rapidement le bloc...). Ca me permet quand même de doubler pas mal de personne qui ne sont pas à l’aise dans des descentes techniques comme celle-là. Je prend beaucoup de plaisir sans prendre aucun risque, il serait vraiment trop dommage que l’aventure s’arrête ici à cause d’une chute. J’arrive en bas du bloc en ¾ heures puis commence la redescente vers Cilaos par la route. J’arrive encore à maintenir un petit rythme qui me permet d’avancer à une allure correcte sans trop entamer les réserves. Et puis dans quelques minutes, des kinés vont pouvoir s’occuper de mes jambes !
J’arrive finalement au stade de Cilaos à 14h05, 428ème (PK69.5, alt. 1124m, D+ environ 4000m).
Je récupère rapidement mon sac avec mes affaires de rechange (sac laissé à l’organisation avant le départ) et fait la queue pour pouvoir me faire masser les jambes. J’en profite pour me changer complètement ma tenue afin d’en mettre une sèche et propre (et quel bonheur d’enlever ce tee shirt et ce collant plein de transpiration, sans parler des chaussettes !). Par contre, après pas mal d’hésitation, je décide de garder mes chaussures puisque je suis très bien dedans. Des frottements entre les cuisses commencent à me gêner sérieusement, je me repasse donc de la crême anti-frottement (finalement sans beaucoup de succès puisque ce sera ce qui me fera le plus souffrir sur la fin...). Après un bon massage réparateur (merci aux kinés, pour leur boulot extraordinaire !), je mange une petite assiette de pate avec un peu de sauce tomate mais bizarrement je n’ai pas trop faim. Je m’allonge ensuite sur la pelouse du stade pour essayer de me reposer un peu mais c’est difficile de fermer l’œil à cause du froid de la pluie,... Je reste quand même allongé pendant une petite ½ heure et repars vers la sortie et le cirque de Mafate ! Avec du recul, j’aurais peut être mieux fait de repartir directement pour dormir un peu plus longtemps dans mafate.
Sotie de Cilaos à 15h34, 549ème. Mon plus mauvais classement pendant la course.
Jusqu’à Marla, j’essaie de conserver un rythme cool pour arriver le plus frais possible dans Mafate. Je pensait bien connaître cette portion mais en fait, la remontée de la cascade Bras Rouge vers le départ du senir du Taibit est beaucoup plus longue que prévu. Cela me semble interminable.
Pied du Taïbit 17h15 (10 minutes de pose).
Ensuite, la montée du Taïbit se fait sans problème, je la connais parfaitement et ce n’est pas la montée qui me fait le plus peur dans ce grand raid. La nuit commence à tomber en haut du col du Taïbit et la redescente se fait à la frontale.
J’arrive finalement à Marla vers 19h25, 457ème(PK82 ; alt. 1580m).
J’arrive dans le dur du grand Raid : la traversée de Mafate de nuit. On m’avait averti mais je connais tellement bien les sentiers mafatais que je pensais pouvoir gérer ce passage relativement bien. Bizarrement, à mon arrivée à Marla, je ressent une ambiance particulière, comme si tout le monde redoutais la portion à venir et préférai Une petite crainte s’empare alors de moi à l’idée de traverser Mafate alors que la nuit est tombée. J’ai une petite appréhension à quitter marla pour m’aventurer dans les sentiers. Pourtant, il s’agit sans doute des sentiers que j’ai le plus parcouru depuis que je suis à la réunion. Ils n’ont plus beaucoup de secret pour moi. Peut être la fatigue, la crainte d’une défaillance de nuit me font douter... Finalement, je me refuse à dormir alors que je me sens relativement bien et repart après 10 minutes de pose (juste le temps de manger une soupe, de faire le plein d’eau et de coca). Je me greffe à un groupe. Nos discussions (dont je ne me rappelle plus vraiment la teneur) me permettent de rester éveiller. Le tronçon jusqu’à 3 roches se passe relativement bien même si sur la fin je commence à mettre un pied devant l’autre sans être tout à fait conscient. Je suis un peu dans ma bulle.
La portion entre 3 Roches et Roche plate sera beaucoup plus longue. Je continue à suivre le même groupe mais la fatigue se fait de plus en plus sentir. Mes yeux se ferme alors que je marche. Les discussions me permettent toutefois de rester éveiller et de tenir jusqu’à Roche Plate. Sur la fin, de petites douleurs au genou commencent à se faire sentir et avec la fatigue, la moindre petite gêne prend une ampleur importante. Je demande alors si je continue, ou si je m’arrête (au moins pour dormir jusqu’au petit matin pour faire le point et voir si tout va bien).
Roche plate à 23h41, 443ème (PK95, alt.1100m)
Arrivée à Roche Plate le moral dans les chaussettes (d’autant plus que depuis Marla, mon portable n’a plus de batterie et je ne peux plus recevoir les messages d’encouragement), les bénévoles du poste vont trouver les mots pour me donner le courage de continuer. De l’animation, un peu de musique, de la lumière et de la chaleur humaine, tout ce qui peut manquer sur les chemins en fait où on rencontre plutôt des zombies (moi le premier d’ailleurs !) ! Je me fais quand même poser des straps aux genoux par prévention (merci aux gentils bénévoles pour toute cette attention !) et fait une petite sieste d’½ heures avant de repartir vers 00h20. Je fais également le plein de coca et bois une soupe bien chaude pour me réchauffer avant de partir. Cette petite sieste sera réparatrice et me donnera beaucoup de force pour repartir.
La descente vers la roche Ancrée est longue et dangeureuse. Je décide donc de la faire tranquillement en compagnie de compagnons de galère. Arrivée à proximité de la Roche Ancrée, je décide de fausser compagnie à tout le groupe pour faire la montée à mon rythme. Je rattrape rapidement pas mal de personne dans cette montée très raide mais finalement relativement courte, et qui me convient plutôt bien. Après environ 40min de montée me voila enfin arrivée à Grand Place le Haut. Il ne me reste plus qu’à redescendre vers l’école du village pour arriver au pointage suivant. Pendant cette descente, la fatigue commence à refaire son apparition en même temps que de vieilles douleurs à l’entrejambe. Avec la pluie, et la transpiration, mon entre-jambes me brûle et le moindre pas me fait souffrir. Je fais donc la descente tranquillement en compagnie d’un groupe rejoint dans le haut de la descente. Cette descente m’a paru très longue, le point lumineux au loin synonyme de ravitaillement se rapprochait trop lentement à mon goût. Mais bon, l’enthousiasme des bénévoles lorsqu’on arrive à leur rencontre au point de ravitaillement, et ce malgré l’heure tardive, me remonte rapidement le moral !
Grand Place à 03h04, 457ème (PK103, alt 540m)
Arrivée à Grand Place, je vais voir les infirmiers pour me faire soigner l’entre jambes qui me fait trop souffrir. Je m’assois alors sur un lit de camp en attendant que quelqu’un puisse s’occuper de moi. Mais après à peine 2 min sur le lit de camp, je m’assoupis pendant une bonne demi heure, jusqu’à ce qu’un infirmier viennent me voir en me demandant de repartir parce que pas mal de monde est en train d’arriver et il va avoir besoin du lit. Je m’affole alors un peu en me demandant combien de temps j’avais bien pu dormir : finalement, je n’ai fait qu’une sieste d’½ heure donc tout va bien. Je repars après m’être quand même appliqué un peu de vaseline pour me soulager un peu l’entrejambe qui me fait plus mal que jamais... Je repars tout de même aux alentours de 4h20 après avoir fait le plein de coca et plus d’une heure de pose.
L’arrivée à ilet à bourse après un peu plus d’une heure de marche se fera sous le lever de soleil. Je pensait alors que c’était bon, et que je pourrait rejoindre l’arrivée sans dormir... (mais non une sieste à Aurere s’imposera). Je croise de temps en temps du monde sur le bord du chemin enroulé dans sa couverture de survie en train de dormir. Je suis bien content d’avoir pu éviter ça jusqu’à présent. Le trajet jusqu’à Aurere se passa plutôt bien, l’arrivée du soleil me réchauffant, me donna le moral pour continuer. La nuit est enfin passé, et j’ai presque fini la traversée de Mafate sans gros problème. Mes jambes ne me font pas souffrir, tout va bien pour le moment...
Aurere à 6h56, 429ème (PK112, alt 750m).
Arrivée à Aurere, j’ai un petit coup de moins bien et je fais l’erreur de m’asseoir un peu trop longuement sur une chaise à l’ombre alors que la température n’est pas très élevée. Je commence à être pris de frisson et de gentils bénévoles me conseillent d’aller me reposer quelque temps. Je décide donc de faire une nouvelle petite sieste. De toute façon, je ne suis pas si pressé puisque je suis largement dans les temps de mon objectif initial à savoir de finir avant la nuit. Je demande quand même aux bénévoles de me réveiller après ½ heure de sieste pour pouvoir repartir aux alentours de 8h00 du matin. Le timing est tenu est je quitte le poste d’Aurere vers 08h10 après m’être à nouveau badigonné de Dexeril, la où il faut (c’est d’ailleurs de plus en plus insupportable !). Je remercie chaleureusement le poste d’Aurere pour leur acceuil et leur encouragement et reprend donc ma route en direction de Deux Bras puis du stade de la redoute qui ne sort plus de mon esprit depuis que je suis rentré dans mafate. Cette sieste m’aura fait un bien fou et je repars en trottinant tranquillement. La descente vers la rivière des galets se fera sur un petit rythme de course qui me permettra de doubler à nouveau pas mal de personne qui m’avait doublé pendant ma sieste à Aurere. Ce fut d’ailleurs le cas pendant une bonne partie de la course : je me fait doubler aux point de ravito où j’ai tendance à prendre mon temps puis je redouble sur les sentiers. Mais je prefere comme cela, c’est toujours plus motivant de marcher en doublant du monde qu’en se faisant doubler !
Deux Bras, 9h19, 470ème (PK121, alt. 255m).
J’arrive donc rapidement à Deux Bras où je ne m’arrête presque pas. Juste le temps de faire le plein d’eau et de coca, de manger quelques fruits secs et c’est reparti. J’arrive à ne pas craquer à l’appel d’un massage, d’autant plus qu’il n’y a pas d’attente. Mais mes jambes vont bien, donc je préfère en profiter.
Je sors de Deux Bras à 9h27, après 33h27de course (433ème) en direction de Dos d’Ane, la dernière grosse ascension de la diagonale des fous. C’est d’ailleurs l’ascension que je redoute le plus. Je me souviens du Semi-Raid l’année dernière où j’avais eu une grosse défaillance dans cette montée... Je commence donc la montée tranquillement, mais très rapidement le soleil tape et je transpire à grosse goutte... Après 10’ de montée, je rejoins Khaled avec qui j’ai fait une bonne partie du tour du Piton des neiges fin Août. Il me dit qu’on a également marché un bout de temps ensemble pendant la nuit, mais je m’en était pas apercu. Je m’excuse et mais ca sous le coup de la fatigue... On fait une bonne partie de la montée ensemble mais il fini par s’écarter pour faire une petite pose. JE préfere continuer à mon rythme et lui souhaite donc bon courage et à tout à l’heure (au moins à la redoute). Sur la dernière partie de l’ascension, je croise pas mal de personne qui descend. A chaque fois je leur demande la distance par rapport au sommet mais malheureusement, je me rend compte rapidement que je ne peux pas me fier à leur indication : un coup je suis presque arrivé, il ne reste plus 20min puis ensuite, il me reste au moins ¾ heures... Je décide donc de prendre mon mal en patience en continue l’ascension à un rythme régulier.
Au bout d’environ 1h40 d’effort, j’arrive enfin à la route de Dos D’âne, où pas mal de copain m’attendent pour m’encourager. Un grand merci à eux, leur présence m’aura fait beaucoup de bien. Et puis, une fois arrivée à Dos d’âne, le plus dur est fait. Il ne reste plus qu’une petite montée jusqu’à la plaine d’Affouche puis une redescente jusqu’à la redoute.
La remontée jusqu’au stade se fera tranquillement en discutant avec manue, steph, nelly (qui a finalement abandonnée à Mare à Boue après s’être cassée un orteil), yves, christophe, guitoon et caro. A partir de ce moment, je n’ai plus d’autre objectif que d’arriver au stade de la redoute, de préférence avant la nuit. On verra peut être une prochaine fois pour « faire un temps ».
Stade de Dos D’âne, 11h52, 431ème (PK128, alt 1064m).
Je prends mon temps à Dos D’âne. Je profite au maximum du moment présent, sachant que je ne suis pas pressé par le temps pour finir avant la nuit. Yves me propose de finir les 20 derniers km de la course en ma compagnie. Je le préviens que ce n’est pas la partie la plus agréable (boue, brouillard,...). Mais cela n’a pas l’air de lui faire peur et on repart ensemble après quelques séances photos. Un grand merci à tous pour votre présence et vos encouragements. Je repars avec un bâton de pèlerin trouvé par Yves et qui peut m’être utile pour cette dernière descente (il se révélera en fait plus encombrant qu’utile, je n’ai pas vraiment l’habitude de marcher avec un bâton).
La remontée vers la plaine d’affouche se passe sans trop de problème même si mon entrejambe me fait toujours aussi souffrir. Par contre dès le début de la redescente, une douleur au gros orteil du pied gauche commence a me gener. Au début, cette douleur est relativement faible et je continue à trottiner tranquillement vers le kiosque d’affouche mais assez rapidement, la douleur se fait de plus en plus vive, m’empêchant de courir. Pour ne rien arranger, la descente se fait sous la pluie et dans la gadoue. Et avec tout le coureur passé avant moi, les chemins sont devenus par endroit de vraies patinoires.
Arrivée au kiosque d’affouche, je vais voir les kinés qui me diagnostiquent une tendinite au gros orteil du pied gauche. Pendant qu’un kiné me passe un peu de pommade et me fait un léger strap, un caméraman m’interview. Il me demande de quoi je souffre, si je vais quand même rejoindre l’arrivée,... Je luis explique alors que la douleur ne m’empêche pas non plus de marcher et que l’arrivée n’est vraiment plus très loin. Après ces petits soins, le départ est vraiment dur : mon pied me fait souffrir et je commence à décompresser de toute la tension de la course en voyant l’arrivée approcher. Des douleurs commencent à me lancer dans les jambes alors que jusqu’à présent elle ne me faisait pas vraiment souffrir. Je suis même au bord de larmes et Yves encaisse un peu mon gros coup de barre. J’entreprends donc la suite de la descente en serrant les dents et en me disant que chaque pas me rapproche de l’arrivée. Petit à petit, je me réchauffe et les douleurs disparaissent ou s’estompent. Mais cette boue me rend de mauvaise humeur, je suis pressé d’en finir. J’en ai vraiment marre et encore une fois c’est Yves qui ramasse. La descente vers le colorado dans la boue sera un sacré calvaire et heureusement que l’arrivée était proche ! Après une longue descente et quelques belles glissades dans la boue, le Colorado apparaît au loin. La vue du Colorado me redonna rapidement le moral et mes douleurs (pour beaucoup psychologique je pense car elles ne sont plus réapparues ensuite) disparaissent aussitôt. Je peux à nouveau trottiner, je me sens pousser des ailes !
Le Colorado, 17h17, 486ème (PK142, alt 640m)
Ca sent bon la fin ! Vincent, steph et nelly sont encore la pour m’accueillir et faire la dernière partie avec moi. C’est vraiment sympa. Après quelques minutes de pose pour discuter un s’alimenter un peu, on repart donc tout les 4 pour les 5 derniers km. Je suis encore un peu sur mon nuage, j’ai du mal à réaliser que je suis en train de terminer ces 147 km et 9000 de dénivelés positifs de cette diagonale de fous 2008. Dans le début de la descente je partage un peu mon ressenti avec vincent, puis, je commence à trottiner et mène la descente à un rythme plus ou moins soutenu jusqu’en bas. Par moment, j’accélère franchement et on se fait une petite course poursuite avec Yves et Vince... Je me surprend à pouvoir encore courir à ce rythme après tant de km parcouru ! Cette descente est un peu longue mais la compagnie fait qu’elle passe finalement très bien. Je suis partagé entre vouloir profiter au maximum des ces derniers moment de courses et en finir avec cette course. Je maintien donc un bon rythme jusqu’au Pont Vin San puis fini en marchant les 100 mètres me menant jusqu’au stade. Sous le pont Vin Sahn, Kushal et Nat m’ont fait le plaisir de m’attendre. J’apprends ainsi que malheureusement Kushal a du abandonner vers Mare à Boue car il était hors délai. Tout le monde me félicite, je profite au maximum du moment mais l’épuisement ne me rend pas très lucide. Mon discours n’est pas toujours très cohérent... Arrivée dans le stade, je me remets à courir pour faire le quart de tour de piste avant la ligne d’arrivée. Il est 18h07 et j’en fini avec mon premier (et dernier ?) Grand raid. Je viens de parcourir les 147 km et 9000 m de dénivelé positif en 42h07 (481ème). Je me rends enfin comte de ce que je viens de réaliser, j’ai du mal à y croire et me demande encore comment il est possible de courir aussi longtemps, en dormant aussi peu. Cela me parait irréel et pourtant...
Je retrouve avec beaucoup de plaisir toutes les personnes dont les encouragements tout au long de la course m’ont permis de rejoindre la redoute et d’aller au bout de cette aventure. Je savoure ce moment. Je suis vraiment content, tout s’est bien passé, presque comme je l’avais imaginé dans ma tête avec une arrivée juste avant la nuit. Je suis très satisfait de ma course avec aucun gros coup de barre (nausée, hypoglycémie, crampes,...). J’ai bien tiré les leçons des erreurs précédentes sur des courses plus courtes et ma préparation ne devait pas être si mauvaise que ca malgré l’impossibilité de m’entraîner sérieusement depuis fin août.
Je reçois ma médaille, le tee-shirt « j’ai survécu » et m’assoie dans l’herbe. Je raconte ma course à tout le monde, décrit mes sensations et ressent une certaine ivresse... mais en fait, je ne sais plus trop ce que je racontais... je dois bien dire que j’étais un peu ailleurs ! Peut être déjà dans mon lit... D’ailleurs, je n’ai même pas le courage de me faire masser et préfère rentrer directement à la maison. Yves et Nelly me préparent une grosse entrecôte avec des pâtes pendant que je prend mon bain (j’y commença d’ailleurs ma nuit). Pendant le repas, d’après Yves et nelly, je n’avais apparemment pas un discours très cohérent. Très rapidement je m’éclipsa pour rejoindre mon lit et commencer une nuit de sommeil réparatrice. La récupération des heures de sommeil en retard va prendre tout de même plusieurs jours ! D’ailleurs, d’après mes collègues de boulot, je n’avais pas très bonne mine lundi matin...
Au cours de ces deux jours d’efforts, j’ai pu me surprendre sur mes capacités à soutenir un effort prolongé et aller au bout de soi avec beaucoup de volonté.
Le lendemain, j’ai un peu de mal à trouver le sommeil. Je veux savourer ce moment au maximum avant de recommencer une nouvelle semaine et passer tout de suite à autre chose. Avec un peu de recul, je suis très satisfait de cette course, d’autant plus qu’à part les brûlures à l’entrejambe et cette douleur au pied, je n’ai presque pas de courbature ! Je n’en reviens toujours pas... sans doute l’alimentation et une bonne hydratation.
Voila, l’aventure s’arrête la. Un grand merci à tous pour vos encouragements, aux bénévoles pour leur enthousiasme et leur bonne humeur, au raideur avec qui j’ai eu l’occasion de faire un bout de chemin, à mes collocs pour m’avoir supporter pendant les jours précédent et à Yves pour avoir été mon souffre douleurs entre Dos D’âne et l’arrivée !

Saint Denis, à l'ile de la Réunion


Non loin de la il y avait quand meme de beau bassin où on pouvait se baigner et se raffraichir ...
La houle qui va jusque sur la piste d'aéroport...
Des vagues impressionantes avec des creux de plus de 10m!
Un petit tour dehors pour voir les dégats...
La rivière Saint Denis en crue
Un radier s'est fait emporter dans le sud... sans parler du pont de la rivière st etienne!
Marché artisanal de St Pierre
Un beau coucher de soleil pendant un picnic sur la plage de St Pierre
Le cirque de Mafate depuis la crête entre le Maido et le grand Benard
Plus de 1000 mètres de falaise ca surprend quand même!
Col du taibit, séparation entre les cirques de Mafate et Cilaos vu depuis le Grand Benard
Vu sur le cirque de Cilaos et St pierre tout au fond depuis le Grand Benard
Une bonne petite sieste pour bien récupérer avant la descente!
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